« Sous le regard de la mouche » : la traduction poétique en atelier collectif

« Sous le regard de la mouche » : l’expression évoque une attention minutieuse, presque entomologique, portée aux détails du texte poétique. C’est sous ce nom qu’une soirée régulière rassemble poètes, traducteurs et curieux autour d’un projet commun baptisé PVST – un sigle qui pourrait signifier Poésie, Voix, Son, Traduction ou, selon les éditions, Poésie Vivante et Sonore en Traduction. L’idée est simple : pendant une soirée, on observe un texte sous toutes ses coutures, on le lit à voix haute, on le traduit ensemble, on le fait résonner.

Observer pour mieux créer

La métaphore de la mouche n’est pas anodine. Le regard posé sur le poème se veut précis, patient, presque impertinent. L’organisation de la soirée suit un déroulé qui favorise cette attention : après une courte introduction, un poème ou un ensemble de poèmes est présenté dans sa langue originale. Les participants disposent d’une copie papier. Suit un temps de lecture à voix haute, où chacun peut entendre les inflexions, les silences, les rythmes.

Goutte d’eau sur une feuille au soleil couchant, reflet poétique

Ce premier temps permet de s’imprégner du texte. Puis vient la phase de traduction collective, où le groupe travaille sur une version en français ou dans une autre langue partagée. Le traducteur ou la traductrice présent.e propose plusieurs possibles, et la discussion s’engage. Les désaccords sont féconds : ils révèlent les plis du poème.

Un format participatif et ouvert

La soirée dédiée à PVST se déroule en plusieurs étapes, toutes conçues pour impliquer chaque participant :

  • Accueil et présentation du contexte : l’œuvre choisie, son auteur ou autrice, les enjeux de la traduction.
  • Lecture initiale par un ou deux poètes invités, parfois accompagnés d’un musicien ou d’un comédien.
  • Atelier de traduction en petits groupes, chaque groupe se concentrant sur une strophe ou une série de vers.
  • Mise en commun des propositions, suivie d’une discussion sur les choix lexicaux, prosodiques et culturels.
  • Lecture finale de la version retravaillée, parfois enregistrée pour archive sonore.

Ce format rappelle celui des quatre soirées poésie à Sète, lectures, traductions et ateliers dans un patio. Dans les deux cas, la convivialité et l’expérimentation collective sont au cœur du dispositif.

La traduction comme acte de création

L’un des piliers de la soirée PVST est la traduction collective, vue non comme une simple transposition, mais comme une réécriture créative. Les participants ne cherchent pas nécessairement l’équivalent parfait ; ils explorent les possibilités offertes par la langue d’arrivée. Les débats sont animés : faut-il conserver une rime, un rythme, une image ? Comment rendre un jeu de mots propre à la langue source sans trahir le sens ?

Groupe de traducteurs travaillant autour d’une table, papiers éparpillés

Ces échanges sont souvent l’occasion de découvrir des poètes étrangers méconnus. Chaque édition de « Sous le regard de la mouche » est consacrée à un auteur ou à une thématique – celle dont le sigle PVST est le fil conducteur. Les poèmes peuvent être en anglais, en espagnol, en arabe, en italien ; la diversité linguistique est encouragée.

Un projet ancré dans la mémoire littéraire

Au-delà de l’atelier ponctuel, la soirée PVST participe à une forme de transmission. Les textes travaillés sont parfois publiés sous forme de fanzine ou de fichier sonore, constituant une archive vivante. Les poètes invités partagent leur expérience de la traduction, et des liens se tissent entre les éditions précédentes. La mémoire des poètes – celle qui circule d’une voix à l’autre – trouve ici un écho concret.

Pour participer à la prochaine soirée, il suffit de s’inscrire à l’avance et de venir avec un poème à partager, dans sa langue d’origine ou en traduction. Le lieu change selon les saisons, mais l’intention reste : placer le regard au plus près du texte, comme une mouche sur un vers.