Atelier de traduction poétique pour la mémoire : Antje Stehn entre le 27 janvier et le 11 novembre

Le 27 janvier, l’Italie célèbre le Giorno della memoria, et quelques mois plus tard, le 11 novembre, la France commémore l’armistice de 1918. Deux dates, deux histoires, une même exigence : ne pas oublier. Organiser un atelier de traduction poétique collective autour d’un poème d’Antje Stehn peut devenir un geste de mémoire vivante, où la langue fait pont entre les époques et les cultures.

Poème d'Antje Stehn en allemand et sa traduction française

Pourquoi choisir Antje Stehn ?

Antje Stehn, poète et traductrice allemande, explore dans ses textes les fragilités de l’identité, les traces laissées par l’histoire et la difficulté de dire l’indicible. Sa poésie, souvent brève et intense, se prête à une lecture à plusieurs voix et à une traduction collective. Traduire un de ses poèmes en atelier, c’est entrer dans un dialogue avec une mémoire qui n’est pas seulement individuelle mais collective.

Préparer l’atelier : choix du poème et des langues

  • Sélectionner un poème court (4 à 12 vers) qui évoque le souvenir, l’absence ou le passage du temps.
  • Prévoir des versions originales en allemand et des traductions existantes en italien ou en français pour servir de points de départ.
  • Inviter les participants à apporter leurs propres dictionnaires ou outils linguistiques.
  • Définir un cadre temporel : une séance de deux heures, avec une première phase de lecture à voix haute, une phase de traduction en petits groupes, et une restitution commune.

Groupe de participants lisant des traductions à voix haute

Déroulement de la séance

Commencez par une lecture du poème original en allemand, puis dans une ou deux langues déjà traduites. Cette écoute permet de s’imprégner de la musicalité et des silences du texte. Ensuite, répartissez les participants en groupes de trois ou quatre, chaque groupe travaillant sur une version française du poème. Encouragez les échanges sur les choix lexicaux et syntaxiques : faut-il conserver la métrique, privilégier le sens ou l’émotion ? Comme nous l’avons exploré dans notre article sur la voix comme outil de traduction : pratiques d’atelier et lectures publiques, la lecture à voix haute révèle des nuances que la page écrite ne montre pas toujours.

Mettre en résonance les deux dates

Le Giorno della memoria (27 janvier) et le Jour du souvenir (11 novembre) peuvent être l’occasion de deux ateliers distincts ou d’un cycle. Pour le 27 janvier, choisissez un poème d’Antje Stehn qui évoque la mémoire de la Shoah ; pour le 11 novembre, un texte sur la guerre et la perte. La structure de l’atelier reste la même, mais le contexte historique apporte une profondeur différente à la traduction.

Restitution et partage

Terminez la séance par une lecture collective des traductions obtenues. Chaque groupe présente sa version, puis tous lisent à l’unisson le poème dans une langue choisie. Ce moment de partage crée une mémoire commune, une trace sonore de l’atelier. Vous pouvez également enregistrer la lecture et la diffuser auprès des participants. Notre atelier dédié au 11 novembre, Traduire la mémoire : un atelier de poésie pour le 11 novembre, propose un déroulement comparable que vous pouvez adapter.

Variantes et prolongements

  • Travailler avec plusieurs poèmes d’Antje Stehn pour créer une petite anthologie bilingue.
  • Inviter un poète ou un traducteur professionnel pour une introduction.
  • Organiser une lecture publique ouverte dans une bibliothèque ou un centre culturel.

Pour que l’atelier soit une réussite, prévoyez un temps de débriefing où chacun partage son ressenti sur le processus de traduction. Ces échanges informels sont souvent aussi riches que le travail d’écriture lui-même. Et si vous souhaitez pérenniser l’expérience, pourquoi ne pas fixer un rendez-vous annuel autour du 27 janvier ou du 11 novembre ?