L’anthologie « Je dis désirs » se présente comme un carnet de bord poétique où le désir n’est jamais un simple mot, mais une matière vivante. Elle réunit des textes de poètes contemporains, chacun apportant sa voix singulière sur ce thème universel. Loin d’un catalogue de déclarations amoureuses, le recueil interroge le désir dans sa dimension charnelle, mémorielle et parfois douloureuse.
Une anthologie collective
Ce qui frappe d’emblée dans « Je dis désirs », c’est la diversité des approches. Le désir y est tour à tour cri, murmure, absence ou promesse. Les poètes conviés ne forment pas une école unique : leurs écritures se croisent sans se ressembler, offrant au lecteur un panorama sensible de la poésie contemporaine francophone. Le travail d’édition a visiblement privilégié la confrontation des styles, créant des échos inattendus entre des textes qui, isolés, ne se seraient peut-être jamais rencontrés.
Pour les ateliers de traduction
Une telle anthologie devient un outil précieux dans le cadre d’ateliers de traduction poétique. Chaque poème, par sa densité et ses images, invite à un passage d’une langue à l’autre qui ne se réduit pas à un simple transfert lexical. Les participants peuvent y explorer la manière dont le désir s’inscrit dans des rythmes, des sonorités, des silences. Pour les organisateurs d’un atelier de traduction, comme celui qui s’est tenu autour de la mémoire et de la renaissance le 26 avril, ce type de recueil offre un terrain fertile pour confronter les langues et les sensibilités.
Thèmes et variations
Les motifs qui traversent l’anthologie sont nombreux :
- Le désir amoureux, dans sa plénitude et ses ruptures ;
- Le désir de mémoire, qui cherche à retenir ce qui fuit ;
- Le désir du corps, entre présence et effacement ;
- Le désir de l’autre, qui ouvre sur l’altérité et le dialogue.
Chacun de ces fils est tissé avec une attention particulière à la langue : les poètes jouent des répétitions, des ellipses, des métaphores filées. Le lecteur n’est jamais passif ; il est invité à entrer dans le poème, à le déplier, à le traduire pour lui-même.

Une invitation à la lecture partagée
« Je dis désirs » ne se referme pas sur lui-même. Par sa construction, il appelle une lecture à plusieurs voix, en atelier ou en cercle. Les textes courts et incisifs se prêtent à des lectures à haute voix, où l’intonation et le souffle deviennent des interprètes du désir. Certains poèmes peuvent même servir de point de départ pour des exercices d’écriture collective, où chacun ajoute un vers, une image, un contrepoint.
En feuilletant « Je dis désirs », on comprend que le désir n’est pas seulement un thème, mais un moteur d’écriture. Chaque poème invite à une pause, à une écoute intérieure. Peut-être est-ce là la force d’une anthologie : offrir non pas une réponse, mais un espace où la question peut résonner longtemps.