Exodus : la poésie de l’exode selon Sarrouy et Donnay

Le titre Exodus résonne comme un appel au départ, une traversée, un arrachement. Dans le paysage de la poésie française contemporaine, il s’inscrit dans un réseau de noms et de collectifs qui en dessinent les contours : Emmanuelle Sarrouy, Adelin Donnay, le groupe Gens d’avenir, la revue Peuple du désir. Derrière ces étiquettes se tisse une exploration commune du désir comme force motrice et de l’exode comme condition de l’écriture.

Qui sont Emmanuelle Sarrouy et Adelin Donnay ?

Emmanuelle Sarrouy est poète, traductrice et animatrice d’ateliers d’écriture. Son travail mêle une langue sensible, attentive aux détails du quotidien, à une réflexion sur la mémoire et l’exil. Adelin Donnay, poète et éditeur, est l’une des figures de la jeune scène poétique belge francophone. Ensemble, ils ont collaboré à plusieurs projets où la voix individuelle se fond dans une polyphonie collective.

Leurs textes partagent une attention au corps, au souffle, à la fragilité des liens. L’exode n’y est pas seulement un thème géographique : il devient une métaphore de la traversée intérieure, du passage d’un état à un autre.

Gens d’avenir et Peuple du désir : deux entités poétiques

Gens d’avenir est à la fois une revue et un collectif fondé par Emmanuelle Sarrouy. Il rassemble des poètes, traducteurs et artistes autour de la question de ce qui vient – l’avenir comme horizon poétique, non comme promesse mais comme tension. Peuple du désir est un projet éditorial porté par Adelin Donnay, qui explore le désir comme moteur de création et de résistance. Les deux entités se croisent dans une même volonté : faire de la poésie un espace commun, traversé par les voix multiples.

Ces collectifs organisent des lectures, des ateliers de traduction, des résidences d’écriture. Leur approche est résolument ouverte : on y traduit des poètes étrangers, on y mêle les langues, on y invente des formes de partage.

Le thème de l’Exodus dans la poésie contemporaine

Le mot Exodus porte en lui la Bible, l’errance, la libération. Dans la poésie de Sarrouy et Donnay, il se décline en motifs récurrents :

  • le départ sans retour certain ;
  • la traversée des frontières – linguistiques, sociales, intimes ;
  • la mémoire des corps en mouvement ;
  • la quête d’une langue qui accueille l’étranger.

Cette thématique ne se limite pas à un constat mélancolique. Elle devient un acte poétique : écrire, c’est déjà partir, quitter le connu pour un ailleurs du langage. Les poèmes de Peuple du désir ou les textes publiés par Gens d’avenir illustrent cette tension entre l’enracinement et la fuite.

Traduire l’exode : ateliers et rencontres

La traduction occupe une place centrale dans cette mouvance. Traduire un poème d’exil, c’est éprouver soi-même le déplacement. Les ateliers de traduction poétique organisés par Gens d’avenir ou en partenariat avec d’autres collectifs permettent de confronter les langues et de faire entendre des textes souvent méconnus. C’est dans cet esprit que se tiennent régulièrement des séances où poètes et traducteurs travaillent côte à côte sur un même poème, cherchant à en restituer la musicalité et le sens.

Par exemple, un atelier de traduction poétique peut être l’occasion de plonger dans un texte d’Adelin Donnay ou d’Emmanuelle Sarrouy, et d’en proposer une version dans une autre langue. Ces rendez-vous créatifs, comme celui organisé autour du thème de l’exode, renforcent le lien entre écriture et partage. Pour qui souhaite lancer une telle initiative, des retours d’expérience existent : organiser un atelier de traduction poétique le 23 février 2024 a montré comment une structure simple peut devenir un lieu d’échange fécond.

Les lectures multilingues viennent compléter ce dispositif. Entendre un poème lu dans sa langue originale puis dans sa traduction crée une résonance unique. C’est tout l’enjeu des soirées où se croisent français, anglais, arabe, espagnol – autant de voix qui disent l’exode sans le réduire à un seul récit.

Pour aller plus loin

La poésie de Sarrouy et Donnay, portée par les collectifs Gens d’avenir et Peuple du désir, invite à une expérience active. Lire leurs textes, c’est déjà entrer dans un mouvement. Participer à un atelier, c’est faire l’expérience concrète de la traduction comme traversée. Les prochains rendez-vous – lectures, ateliers, rencontres – sont annoncés sur les pages des collectifs et dans les librairies partenaires. Une manière de prolonger l’exode poétique, pas à pas.