Le 11 mai, date choisie pour une rencontre poétique dédiée aux femmes iraniennes, évoque à la fois la force de la parole féminine et la persistance de la mémoire littéraire. Si aucune édition officielle n'a encore eu lieu sous ce nom, l'imaginaire d'un tel rendez-vous puise dans des pratiques bien réelles : lectures collectives, ateliers de traduction, hommages aux poétesses persanes. Dans un pays où la poésie occupe une place centrale dans la culture, rassembler des voix de femmes autour d'un même jour devient un acte à la fois intime et politique.

Pourquoi le 11 mai ? Une date symbolique pour la poésie des femmes iraniennes
Le choix d'une date n'est jamais anodin. Le 11 mai peut renvoyer à des anniversaires littéraires ou historiques qui résonnent avec la condition féminine en Iran. Sans prétendre à un événement officiel, on peut y voir l'occasion de se souvenir de grandes figures comme Forough Farrokhzad (1935-1967), dont la poésie a ouvert une brèche dans la tradition patriarcale, ou Simin Behbahani (1927-2014), surnommée la « lionne de l'Iran » pour son engagement. Le printemps, saison du renouveau, offre un cadre propice à ces rencontres où la parole poétique devient un espace de liberté.
Dans la culture persane, la poésie n'est pas un art réservé à une élite : elle circule dans les conversations, les fêtes, les deuils. Organiser une rencontre spécifiquement pour les femmes, c'est reconnaître que leurs voix ont longtemps été marginalisées dans l'espace public. La poésie permet de dire ce qui ne peut être dit autrement, et le partage collectif renforce cette puissance d'expression.
La poésie comme témoignage et résistance
Les poétesses iraniennes contemporaines, qu'elles vivent en Iran ou en exil, utilisent le vers pour témoigner de réalités souvent tues : la censure, l'enfermement, le combat pour l'égalité. Une rencontre comme celle du 11 mai serait un lieu où ces textes peuvent être lus à voix haute, traduits dans d'autres langues, discutés. La poésie devient alors un acte de résistance douce mais tenace.
Les ateliers d'écriture et de traduction collective, comme ceux que propose notre plateforme, permettent de faire résonner ces voix au-delà des frontières. Par exemple, l'initiative La Silenziosa : une résidence où la traduction devient un acte collectif montre comment la traduction poétique peut réunir des participants autour d'une œuvre, créant une communauté de lecture et d'écriture. De même, Le Jeudi des Mots illustre comment un rendez-vous régulier peut tisser un lien durable entre poètes et lecteurs.

Traduire les voix féminines : un acte collectif
La traduction est au cœur de ces rencontres. Pour que les poèmes des femmes iraniennes soient entendus au-delà du persan, il faut des traductrices et traducteurs sensibles aux nuances culturelles et politiques. Un atelier de traduction collective, où chaque version est discutée en groupe, permet d'approcher au plus près l'intention du texte original. C'est un travail de patience et de partage, qui enrichit tant les traducteurs que les auditeurs.
Voici quelques éléments qui pourraient structurer un atelier de traduction autour des poétesses iraniennes :
- Choisir un poème court d'une autrice comme Forough Farrokhzad ou Granaz Moussavi.
- Lire le texte à voix haute en persan (avec translittération si nécessaire).
- Proposer plusieurs traductions individuelles, puis les confronter en groupe.
- Discuter des choix lexicaux, des images poétiques, des silences.
- Aboutir à une version collective qui sera lue lors de la rencontre.
Cette démarche collective rappelle que la poésie n'est pas un objet figé : elle vit dans le passage d'une langue à l'autre, d'une voix à l'autre.
Comment participer à une rencontre poétique pour les femmes iraniennes
Même si la rencontre du 11 mai n'est pas un événement institutionnalisé, chacun peut contribuer à en créer l'esprit. Voici quelques pistes :
- Organiser une lecture de poèmes de femmes iraniennes dans un lieu associatif ou une librairie.
- Proposer un atelier de traduction ouvert, en présentiel ou en ligne.
- Diffuser des enregistrements de poétesses iraniennes, accompagnés de traductions.
- Créer un recueil collectif où chaque participant offre un poème ou une traduction.
- Utiliser les réseaux sociaux pour partager un vers chaque jour jusqu'au 11 mai.
Ces initiatives, même modestes, perpétuent la mémoire des poétesses et affirment que leur parole mérite d'être entendue. La poésie ne change pas le monde en un jour, mais elle prépare les esprits à le transformer.
Le 11 mai peut devenir une date de rendez-vous pour celles et ceux qui croient en la force des mots. En rassemblant des voix de femmes iraniennes, en les traduisant, en les partageant, on tisse un filet de solidarité poétique qui dépasse les frontières. Et peut-être que, d'année en année, cette rencontre informelle deviendra une tradition, un espace où la poésie et la résistance se donnent la main.