Chez Pauline, un foyer pour la poésie contemporaine

Chez Pauline n'est pas un simple café-librairie. Niché dans un quartier où les librairies indépendantes résistent encore, cet espace est devenu, au fil des saisons, un véritable foyer pour la poésie contemporaine. On y entre par une porte bleue, on traverse une petite salle où les livres occupent chaque recoin, et l'on découvre une arrière-salle dédiée aux lectures et aux ateliers. C'est là que la revue Vocatif a pris racine, et que la collection Portes et Passages a vu le jour. Pour les poètes, les traducteurs et les amateurs de vers, Chez Pauline incarne un lieu de rencontre, de travail et de mémoire.

La revue Vocatif : un laboratoire de la parole poétique

Fondée il y a une dizaine d'années, la revue Vocatif se distingue par son attachement à la poésie vivante, souvent plurilingue. Chaque numéro rassemble des textes inédits, des traductions croisées et des entretiens avec des poètes d'horizons variés. Le comité de rédaction, composé de poètes et de traducteurs, sélectionne les contributions lors de réunions ouvertes qui se tiennent justement à Chez Pauline. La revue ne se contente pas de publier : elle organise des lectures publiques, des soirées thématiques et des ateliers d'écriture. Vocatif est ainsi devenue une plateforme où la poésie se fait et se partage, loin des circuits éditoriaux traditionnels.

Intérieur de Chez Pauline, avec ses étagères et son espace de lecture

Portes et Passages : une collection qui explore les seuils

Parallèlement à la revue, la collection Portes et Passages propose des recueils qui interrogent la notion de frontière — géographique, linguistique, intime. Chaque ouvrage est conçu comme un passage entre deux mondes, souvent accompagné d'une traduction en regard. Les poètes invités viennent de Pologne, d'Ukraine, de Roumanie, d'Italie ou du Québec. La collection accorde une place particulière aux textes qui témoignent d'une mémoire collective ou individuelle, qu'il s'agisse de l'exil, de la guerre ou des petits bonheurs quotidiens. Le travail éditorial se fait en étroite collaboration avec les auteurs et les traducteurs, lors de résidences ou d'ateliers organisés à Chez Pauline.

Ateliers de traduction : la mémoire en partage

L'une des activités les plus régulières de Chez Pauline est l'atelier de traduction collective. Poètes, traducteurs débutants ou confirmés, simples curieux : chacun apporte son oreille et son dictionnaire. On traduit à plusieurs voix un poème choisi, souvent issu d'une langue peu représentée. Ces séances sont l'occasion de confronter les interprétations, de discuter des choix lexicaux et de créer une mémoire partagée du texte. Plusieurs de ces ateliers ont donné lieu à des publications dans Vocatif ou dans la collection Portes et Passages. Par exemple, l'Atelier de traduction collective du 28 août a permis de travailler sur des poèmes de l'été, mêlant les sensibilités de chacun. De même, l'atelier du 7 novembre a exploré la mémoire des textes à l'approche de l'hiver, renforçant le lien entre saison et création.

Ces ateliers ne sont pas isolés : ils s'inscrivent dans une tradition que Chez Pauline entretient avec soin. Les participants reviennent, les langues se croisent, et peu à peu se constitue une archive vivante de la poésie traduite. Voici quelques exemples d'activités régulières :

  • Lectures bilingues avec des poètes invités, suivies de discussions.
  • Ateliers d'écriture collective autour d'un thème (les portes, les passages, les saisons).
  • Présentations de numéros de Vocatif avec lectures des auteurs.
  • Rencontres avec des traducteurs pour évoquer les défis de la traduction poétique.

Groupe de poètes lisant à voix haute dans la salle d'atelier de Chez Pauline

Un lieu de mémoire littéraire

Chez Pauline ne se limite pas à l'actualité éditoriale. L'espace conserve des archives des lectures passées, des enregistrements, des exemplaires dédicacés. Chaque événement laisse une trace : un poème calligraphié sur le mur, une photo, un carnet de bord. Cette mémoire matérielle est précieuse pour les chercheurs et les passionnés. Elle permet de retracer l'évolution de la poésie francophone et des échanges interculturels. La revue Vocatif et la collection Portes et Passages participent de cette mémoire en publiant des textes qui autrement resteraient confidentiels. Ensemble, ils forment un écosystème où la poésie se transmet de bouche à oreille, de page en page.

Pour qui souhaite découvrir ou approfondir la poésie contemporaine, Chez Pauline offre un accueil chaleureux et une programmation ouverte. Les ateliers de traduction collective, en particulier, demeurent un point d'entrée idéal pour quiconque veut participer activement à la vie poétique. En s'asseyant autour de la grande table, un texte sous les yeux, on devient complice d'une aventure qui dépasse les frontières — et c'est peut-être là le plus beau des passages.