Notre premier numéro avait à peine paru que les langues se sont mêlées. Depuis, nous avons accueilli des poètes de plus de quinze langues différentes. Chaque lecture bilingue devient un événement où le sens se déplace entre les mots, porté par la voix de l'auteur et celle du traducteur. Ce brassage linguistique n'est pas un simple effet de style : il est le cœur battant de notre projet éditorial.
Des collections qui tissent des liens
Nos collections de poésie ne se contentent pas de publier des textes. Elles cherchent à créer des ponts entre des univers poétiques éloignés. Chaque volume est choisi pour sa capacité à dialoguer avec d'autres œuvres, à provoquer des résonances. Nous privilégions les voix singulières, souvent méconnues, qui portent un regard neuf sur le monde. La sélection se fait en comité de lecture, où poètes et lecteurs confrontent leurs sensibilités.
Traductions et lectures multilingues : le poème en partage
La traduction est pour nous un acte de création à part entière. Nous organisons régulièrement des lectures où le poème original est suivi de sa version traduite, lue par un comédien ou par le traducteur lui-même. Ces soirées sont des moments de suspens : la langue d'arrivée tente de restituer le rythme, la musicalité, l'émotion du texte source. Elles révèlent aussi les choix – parfois douloureux – que le traducteur a dû faire. C'est pourquoi nous associons toujours un traducteur à la présentation de son travail.
Rencontres avec les artisans du poème
Nos rencontres ne se limitent pas aux auteurs. Nous invitons aussi des éditeurs indépendants, des traducteurs, des libraires spécialisés. Chacun apporte son éclairage sur la chaîne qui mène du manuscrit au lecteur. Ces échanges permettent de comprendre les coulisses de l'édition poétique, les difficultés de diffusion, les stratégies pour faire exister une voix dans le paysage littéraire. Ils créent une communauté où les rôles se mêlent : un poète peut devenir éditeur le temps d'une discussion, un traducteur peut proposer un atelier.
Un exemple concret est notre rendez-vous mensuel Le Jeudi des Mots, qui illustre cette volonté de faire de la poésie une expérience collective : poètes, traducteurs et public y partagent la parole autour d'un thème choisi.
Ateliers d'écriture et projets collectifs
Nous animons des ateliers d'écriture où la contrainte formelle sert de déclencheur. Les participants explorent des formes fixes (sonnet, pantoum, haïku) ou des dispositifs plus libres comme l'écriture à plusieurs mains. Ces ateliers aboutissent souvent à des publications collectives, où chaque texte répond à un autre. L'atelier devient alors un laboratoire : on y teste des alliances de mots, des ruptures de rythme, des jeux typographiques. La dimension collective renforce l'audace : on ose davantage quand on sait que d'autres écrivent dans le même espace.

La poésie comme témoignage
Nous accordons une place particulière à la mémoire littéraire. Chaque poème lu à voix haute devient un témoignage de son époque. Nous conservons les archives de nos lectures et ateliers, non par nostalgie, mais pour constituer une mémoire vivante de la création contemporaine. Certains poèmes parlent de l'exil, de la guerre, de la perte ; d'autres célèbrent la beauté fragile du quotidien. Tous sont des fragments de vérité que nous nous efforçons de préserver et de transmettre.
Dans cette perspective, nous avons participé à la Nuit de la Lecture 2024, où la poésie a été mise à l'honneur dans les bibliothèques, permettant à un large public de découvrir des textes qui portent la mémoire de notre temps.
Un engagement continu
Notre plateforme ne cesse d'évoluer. Nous préparons actuellement un cycle de lectures autour de la poésie d'Amérique latine, en partenariat avec des traducteurs spécialisés. Les dates seront annoncées sur nos réseaux et dans notre newsletter. Chaque nouveau projet est une occasion de renouveler notre pari : faire de la poésie un espace de rencontre, de création et de mémoire, où chacun peut trouver sa place.