Depuis sa première édition, le projet Mots de paix et d’espérance rassemble poètes, traducteurs et amateurs autour d’une même intention : faire du verbe un pont entre les langues et les cœurs. Le principe est simple mais exigeant : chaque participant choisit un poème court sur le thème de la paix ou de l’espérance, dans une langue qu’il maîtrise, le traduit en français, puis compose un texte original en écho. Le septième volet, lancé à l’automne, poursuit cette aventure en accentuant la dimension collective de l’écriture.
Un projet qui s’ancre dans la durée
Ce qui distingue Mots de paix et d’espérance d’un simple recueil de traductions, c’est la dynamique de groupe qui le sous-tend. Les ateliers ne se contentent pas de juxtaposer des voix ; ils les font dialoguer. Lors de la sixième édition, par exemple, les participants ont expérimenté une méthode de « traduction à plusieurs mains » où chaque strophe était retravaillée en sous-groupes avant d’être soumise à l’ensemble du cercle. Cette approche, décrite en détail dans l’article sur la traduction des frontières, a révélé combien le passage d’une langue à l’autre peut devenir un acte de création collective.
La 7e édition : un nouvel élan
Pour cette septième édition, les organisateurs ont mis l’accent sur la notion d’« espérance active ». Il ne s’agit plus seulement de dire l’espoir, mais de le construire par le geste poétique. Concrètement, chaque atelier s’ouvre par un temps de lecture de poèmes issus de zones de conflit ou de communautés en exil. Les textes de Mahmoud Darwich, de la poétesse syrienne Maram al-Masri ou encore du Chilien Pablo Neruda ont servi de points de départ lors des premières séances. Les participants sont invités à choisir un vers qui les touche particulièrement et à en proposer une traduction personnelle, sans se soucier de la fidélité littérale.
Comment participer à un atelier Mots de paix et d’espérance
Le projet est ouvert à tous, sans condition de niveau. Voici les étapes typiques d’un atelier :
- Choisir un poème – Il peut être dans n’importe quelle langue, pourvu que le participant en comprenne le sens. Les sources sont libres : anthologies, sites de poésie, recueils personnels.
- Traduire le texte – La traduction se fait en groupe, avec l’aide des autres participants. L’objectif n’est pas la perfection académique, mais la justesse émotionnelle.
- Écrire un poème en réponse – Chacun compose un texte original inspiré par la traduction. Ce poème peut reprendre un motif, un rythme ou une image du texte source.
- Partager et réviser – Les textes sont lus à voix haute, commentés, puis retravaillés collectivement. C’est là que naît la dimension « espérance » : on reprend un vers fragile pour le renforcer, on ajoute une strophe qui ouvre une issue.
Les ateliers se déroulent généralement sur plusieurs séances, espacées de deux à trois semaines, afin de laisser le temps à la maturation. Certains groupes choisissent de prolonger l’expérience par une soirée de lecture publique, où les poèmes sont dits dans leur langue originale et en traduction.
Traduire pour mieux créer
L’un des apports les plus précieux de ce projet est la redécouverte de la traduction comme outil de création personnelle. En passant par une langue étrangère, le poète se libère des automatismes de sa propre langue. Un participant de la cinquième édition racontait ainsi : « Traduire un haïku japonais m’a obligé à compter les syllabes autrement. J’ai ensuite écrit un poème en français qui respectait ce souffle court. » Ce va-et-vient entre les langues nourrit une écriture plus attentive au rythme et à la sonorité. Les ateliers de traduction poétique, comme celui décrit dans l’article sur la renaissance des encres vives, montrent que la contrainte linguistique peut devenir un levier de créativité.
L’importance de la publication collective
Chaque édition de Mots de paix et d’espérance donne lieu à une publication – un recueil artisanal, souvent une brochure ou un fichier PDF librement diffusé. Le septième volet prévoit une anthologie bilingue où chaque poème original sera accompagné de sa traduction source. Cette mise en regard permet au lecteur de suivre le cheminement créatif. Les retours des éditions précédentes montrent que ces recueils circulent bien au-delà du cercle des participants : dans des bibliothèques de quartier, des centres culturels, des écoles. Le projet devient alors un outil de médiation poétique.
Pour les animateurs d’atelier, un conseil pratique : prévoyez un temps de relecture collective avant la mise en page finale. Les coquilles et les incohérences de ponctuation se glissent facilement dans les textes multilingues. Une séance dédiée à la relecture, où chacun lit à voix haute son poème et sa traduction, permet de déceler les maladresses et de renforcer la cohérence de l’ensemble. C’est aussi un moment de partage qui scelle l’esprit du groupe.