Les mots re chab : une énigme au cœur d’un atelier de traduction poétique

Dans un atelier de traduction poétique, un jour, on inscrit au tableau trois mots : « les mots re chab ». Aucune indication supplémentaire. Les participants, poètes et traducteurs, se regardent, puis se mettent à écrire. L’expression flotte, sans contexte, sans auteur. Elle devient un objet de travail collectif.

participants d'un atelier d'écriture devant un tableau couvert de notes

Déchiffrer une expression mystérieuse

Les mots re chab – l’orthographe elle-même interroge. « Chab » n’est pas un mot du français courant. Est-ce une abréviation, un emprunt à une autre langue, une faute volontaire ? Les hypothèses fusent :

  • Les mots réchappés – des mots qui ont échappé à l’oubli, sauvés d’un naufrage linguistique.
  • Les mots rescapés – proches, mais avec une connotation de survivance d’une catastrophe.
  • Les mots re-chantés – une redite poétique, une variation sur un thème.
  • Les mots re-chambrés – une image familière, des mots qui retrouvent leur maison.

Chaque participant propose une piste, un écho. Le groupe ne cherche pas LA bonne réponse, mais explore les possibles. L’énigme nourrit la création.

La traduction collective comme acte de création

Ce type d’exercice est courant dans les ateliers de traduction poétique. On part d’un fragment opaque, souvent emprunté à un poème ou à une situation réelle, et on le retravaille en groupe. La métamorphose collective du texte est au cœur de la démarche. Ici, les mots re chab deviennent un terrain d’expérimentation : on le traduit en anglais, en allemand, en arabe, on le scande, on l’illustre.

traducteurs et poètes rassemblés autour de dictionnaires et de carnets

De l’atelier à la publication

Au fil des séances, le collectif produit plusieurs variantes du « poème originel » – car l’expression initiale est traitée comme un poème en soi. Certaines versions gardent le mystère, d’autres le résolvent par un calembour. Le travail aboutit parfois à une publication en ligne ou à une lecture publique. L’important est le cheminement partagé, la découverte que les mots ne sont jamais figés et que re chab peut être réinventé à chaque rencontre.

Le groupe choisit alors de rassembler les meilleures propositions et de les exposer sur un panneau, accompagnées d’un photogramme de la session. L’expression les mots re chab continue d’errer, de se transformer, mais elle a offert un moment d’intense créativité collective.